Protection International (PI) condamne fermement le gèle des fonds de l’Hôpital Général de Référence (HGR) de Panzi par la Direction Général des Impôts Congolais (DGI), une stratégie d’asphyxie socio-économique de la population congolaise. PI est un partenaire de longue date de l’HGR Panzi et le Dr Denis Mukwege, gynécologue et militant qui aide les femmes congolaises qui ont été victimes de violences sexuelles. Face aux menaces d’Etat et des tentatives d’assassinat, PI a accompagné le Dr Mukwege et l’HGR Panzi afin de savoir affronter leur problèmes de sécurité à travers des actions préventives, calculées et organisées, et a ainsi réclamé son droit légitime de se protéger.

Regardez l'interview du Docteur Mukwege avec PI

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Bukavu,  le  5  janvier  2015 :  Le gèle des fonds de l’Hôpital Général de Référence de Panzi met à nues les stratégies d’asphyxie socio-économique de la population congolaise.

La Société Civile du Sud-Kivu suit avec attention la situation du gèle des fonds de l’Hôpital Général de Référence de Panzi à la Banque Commerciale du Congo (BCDC) par la Direction Général des Impôts Congolais (DGI), au motif de non paiement des impôts professionnels sur les rémunérations (IPR) du personnel prestant au niveau de cette formation sanitaire.

La  Société  Civile  du  Sud-Kivu  note  avec  profond  regret  que  la  mesure  qui frappe   cet   hôpital   est   purement discriminatoire   tant   il   est   vrai   que   le Médecin Inspecteur  Provincial de  la  Santé  avait  déjà,  en  date  du  5  janvier 2013 par sa lettre N° 251/OO8/B.MIP/SK/2013 adressée au Directeur Provincial  des  Impôts,  dénoncé (1) l’acharnement  contre  l’HGR  de  Panzi  qui devrait  être  traité  comme  les  autres  formations  sanitaires  de  l’Etat  qui sont  exemptées  de  payer  les  IPR  qui  lui  étaient exigés pour l’exercice 2012.

Il  est  vrai  que  la  prime  est  aussi  imposable,  cependant  la  Société  Civile du  Sud-Kivu  constate  que seul le personnel de l’hôpital  de  Panzi  est soumis  à  cette  obligation  fiscale  pendant  que  nombreux  autres  congolais qui  bénéficient  de la  prime, des  traitements,  d’émoluments,  des gratifications, ou d’autres rétributions fixes ou variables au sein   des structures   et services   tant   étatiques   que   non   étatiques   ne   sont   pas traqués  par  la  DGI  pour  non  observance  de  cette  obligation  fiscale  prévue par l’article 47, Chapitre III du code des impôts en vigueur en RDC.

Le  cas  des  Honorables  Députés  Provinciaux  du  Sud-Kivu  qui  ne  payent pas l’IPR est assez éloquent quant à ce.

La   Société   Civile   du   Sud-Kivu   pense   que   des   mesures   discriminatoires pareilles  sont  révoltantes  et  frisent  la  volonté  délibérée  à  vouloir  asphyxier les loyaux services que cet hôpital rend à la population congolaise.

La Société Civile du Sud-Kivu invite d’ailleurs la population du Sud-Kivu en particulier et congolaise en général à se rappeler que d’autres   stratégies similaires  sont  déjà  opérationnelles  au  Sud-Kivu  aux  fins  de l’anéantissement et de la clochardisation de la population congolaise déjà meurtrie par la guerre.

Les  services  des  impôts  ont  toujours  été  instrumentalisés  pour  anéantir toute  initiative  tendant  à   soulager   la   misère  de  la population  dans   la province du Sud-Kivu. Il  s’agit par exemple des initiatives suivantes :

  • Le  cas  de  la  cimenterie  de  Katana  aujourd’hui  en  voie  de  fermeture car  incapable  d’écouler  ses  productions  à  un  prix compétitif  du  marché local  suite  au  coût  de  production  très  élevé.  Ceci  laisse  le  libre  marché au ciment produits dans les pays voisins ;
  • Le  cas  des  usines  de  traitement  d’eau  minérale  dans  la  province  du Sud-Kivu condamnées à la fermeture car incapables d’écouler leur production   à   un   prix   compétitif   du   marché   local   suite   au   coût   de production    très    élevé.    Ceci    laisse   le    libre    marché    aux    Sociétés étrangères    de    production    d’eau    minérale  :    Inyange    du    Rwanda, Ruwenzori de l’Ouganda …
  • Le  cas  de  la  sucrerie  de  Kiliba  débaptisé  Sucrerie  du  Kivu  qui  peine  à se   relever   laissant   ainsi   le   libre   marché   au   sucre   venant   des   pays voisins ;
  • Le  cas  de  l’aéroport  de  Kavumu  dont  l’extension  est  étouffée  pour  des raisons  inavouées. L’opinion  se  souviendra que  le  patronat  du  Sud-Kivu représenté  par  la  FEC  (Fédération  des  Entreprises  du  Sud-Kivu)  avait  à son  temps  exprimé  sa  volonté  de  procéder  à  cette  extension,  mais  la réponse des autorités compétentes a été défavorable. La conséquence aujourd’hui  c’est  que  les  congolais  de  l’Est  prennent  les  aéroports  des pays voisins pour se rendre à l’étranger ;
  • Le  cas  du  monopole  actuel  de  la  Compagnie Africaine  d’Aviation  (CAA) qui   fixe   le   prix   du   billet   comme   si   elle   était   dans   un   pays   non gouverné,  moins  encore  disposant  des  personnes  élues  qui  devaient suivre ce scandale économique au nom de la population congolaise ;
  • Le  cas  de  la  non  réhabilitation  de  la  route  Bukavu-Uvira  en  passant par  les  escarpements  de  Ngomo  en  dépit  des  nombreuses  promesses faites  par  les  autorités  tant  nationales  que  provinciales.  Cette  situation oblige les agences de transport et autres véhicules de la RDC à passer toujours par le Rwanda où ils paient beaucoup d’argent ;
  • Le  cas  de  la  fraude  et  de  la  contrebande  entretenues  depuis  plusieurs années en faveur des pays voisins dans le secteur minier.

Il  convient  aussi  d’ajouter  l’insécurité  entretenue  dans  tous  les  territoires, le  pillage  et  l’exploitation  illicite  des  ressources  naturelles  sur  cette  liste des  stratégies  mises  en  place  pour  asphyxier  l’économie  de  notre  province et nous imposer ainsi l’état de dépendance à des pays voisins.

Eu égard à ce qui précède,

  • La  Société  Civile  du  Sud-Kivu  pense  que  l’heure  est  grave  et  plaide pour    la    mobilisation    générale    de    la    population    du    Sud-Kivu    en particulier  et  congolaise  en  général  pour  faire  échec  à  cette  politique d’asphyxie socio-économique de la population.
  • La   Société   Civile   du   Sud-Kivu   pense   que   le   peuple   ne   devrait   plus laisser un chèque en blanc à ces stratégies pour produire des résultats néfastes.

Voilà pourquoi, elle exige :

  • Que   les   autorités   provinciales   ou   nationales   trouvent   une   solution urgente pour que les fonds retirés du compte de l’Hôpital Général de Référence  de  Panzi  soient  restitués  sous  n’importe  quelle  forme  pourvu que  les  malades  trouvent  la  chance  d’être  consultés  et  soignés  par  le personnel  médical  actuellement  en  grève  et  sit  in  devant  la  Direction Provinciale des Impôts du Sud-Kivu ;
  • Que  tout  le  personnel  prestant  au  niveau  de  cette  formation  sanitaire qui  fait  la  fierté  de  tout  un  peuple  soit  rapidement  admis  sous  statut et bénéficie ainsi de tous les avantages liés à ce statut ;
  • Que  l’amnistie  fiscale  sur  les  éventuelles  dettes  d’IPR  imposés  à  cet hôpital pour l’exercice fiscal 2013 soit accordée par les autorités compétentes et garantir ainsi que pareille situation ne se répète plus.

‘‘Un peuple  prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni la liberté ni la sécurité,   et   finit   par   perdre   les   deux’’   disait Benjamin  FRANKLIN

1)  La dénonciation du MIP avait été faite en se fondant sur la Convention-cadre du partenariat signée par le Gouvernement congolais et l’Eglise du Christ au Congo, au Vade-mecum du partenariat dans le secteur de la santé, à l’arrêté départemental N° BUR/CE/SPAS/G/0059/87 portant fixation des modalités et les conditions de répartition des recettes générées par les praticiens médicaux  et paramédicaux du secteur public, à la liste actualisée du personnel de la zone de santé d’Ibanda, à l’annuaire des formations sanitaires du Sud Kivu.

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Pour plus d’information, contactez:

SOCIETE CIVILE DU SUD KIVU

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